Comment aider un auteur de roman :
le rôle du lecteur-correcteur
Écrire un roman, cela fait rêver. Mais pour arriver jusqu’au bout d’une histoire, il faut du temps, de la rigueur, voire une certaine discipline. Il est également indispensable d’avoir du recul pour avoir un œil critique sur le texte que l’on écrit. Or repérer les problèmes de langue, de syntaxe ou de cohérence seul est loin d’être évident. C’est là que le lecteur-correcteur intervient : il apporte un regard extérieur objectif, toujours avec bienveillance, et aide l’auteur à peaufiner son manuscrit sans dénaturer son style.
Pourquoi un auteur a besoin d’un regard extérieur sur son roman ?
Le lecteur-correcteur apporte une lecture objective et précise du texte écrit. Dégagé d’un quelconque enjeu, il va pouvoir pallier les problèmes que peut rencontrer l’auteur et qui sont inhérents au processus d’écriture.
- La solitude de l’écriture : si s’isoler de la présence des autres est indispensable dans le processus créatif de l’auteur afin qu’il puisse se plonger totalement dans l’histoire à laquelle il donne vie, cela a aussi des inconvénients. Il est facile de tourner en rond, d’introduire des répétitions, des éléments qui n’apportent pas grand-chose à l’histoire, qui manquent de lien avec une scène ou qui ne sont pas cohérents avec le profil d’un personnage.
- Le manque de recul : sortir le nez de sa copie peut s’avérer difficile. En outre, plus on relit, moins on y voit clair. On peut être attentif au sens, et délaisser involontairement la forme. Trouver des erreurs devient quasi impossible !
- Les risques d’incohérences ou de longueurs : au fil de l’écriture, l’auteur peut perdre de vue des détails de son roman. Il introduit alors des erreurs, bien malgré lui, par exemple un problème de chronologie, voire des anachronismes, un autre nom pour un même protagoniste, ou encore des parties trop longues par rapport à d’autres…
- La différence entre l’intention de l’auteur et la perception du lecteur : entre ce que l’auteur souhaite décrire, transmettre, et ce qu’il parvient réellement à véhiculer à travers les mots, il y a parfois un certain écart. Une scène importante trop pauvre en émotion et en détails, un personnage qui manque d’épaisseur, et l’effet voulu tombe à plat.
Aider un auteur dès les premières versions du manuscrit
Nul besoin que le manuscrit soit totalement abouti pour que le lecteur-correcteur intervienne.
Identifier les forces et les faiblesses du texte
Une fois l’histoire terminée, le lecteur-correcteur va pouvoir dresser une liste de tout ce qui fonctionne dans cette première version brute du texte, mais surtout de ce qui doit être revu. Il va signaler :
- s’il y a des problèmes d’incohérence ;
- si le registre de langue correspond aux personnages et au style de l’auteur ;
- si la ou les promesses narratives – c’est-à-dire ce que l’auteur promet au lecteur au début du récit ou ce que le lecteur projette (grâce à la couverture, le nom de l’œuvre ou la quatrième de couverture) – sont bien tenues, etc.
Repérer les problèmes de structure narrative
Un roman qui fonctionne a nécessairement une structure qui tient la route : celle-ci doit servir le fond. Le lecteur-correcteur indique à l’auteur ce qui vient interférer dans la compréhension de l’histoire, par exemple :
- des détails qui parasitent le récit ;
- une intrigue peu claire ;
- un dénouement qui n’arrive pas au bon moment, trop tard ;
- des éléments qui n’apportent rien à l’histoire ;
- une chronologie trop complexe susceptible de perdre le lecteur, etc.
Une fois les constats faits, le lecteur-correcteur propose des solutions concrètes : déplacer une scène, qui prendra tout son sens à un autre moment du récit, clarifier des passages inutilement trop longs et fouillés ou encore préciser l’objectif d’un personnage qui paraît trop passif, pour que le lecteur comprenne ce qui le pousse à agir. Cela permettra de continuer à capter l’attention du lecteur et que ce dernier ait envie de tourner une page après l’autre pour savoir ce qu’il va se passer.
Identifier les corrections : orthographe, syntaxe, grammaire, conjugaison
L’un des rôles essentiels du relecteur, c’est de signaler et corriger les fautes d’orthographe, de syntaxe, de grammaire ou encore de conjugaison ainsi que les problèmes d’orthotypographie (majuscules, signes de ponctuation, espaces, accents, etc.).
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Le rôle du lecteur-correcteur dans l’amélioration d’un roman
Le correcteur apporte son regard pour que l’auteur puisse arriver à un roman abouti.
Améliorer la clarté et la fluidité du texte
Sans réécrire le texte, le correcteur soulève les problèmes de lourdeurs syntaxiques, de transition ou encore de changements de temps inadaptés, tout ce qui pourrait nuire à la lisibilité. Il propose ensuite des reformulations afin de rendre l’écrit plus clair et agréable à lire.
Travailler le rythme et l’équilibre des chapitres
Pour une bonne compréhension d’un roman, les parties doivent être équilibrées et les respirations insérées au bon moment. Le lecteur-correcteur repère les passages où le récit piétine, les explications superflues ou les scènes insuffisamment développées. Une histoire à l’écriture maîtrisée alterne respiration et intensité, en se servant en particulier des fins de chapitre pour gagner en efficacité.
Vérifier la cohérence du style et la voix narrative
Le lecteur-correcteur veille à la continuité du style de l’auteur au fil du récit, en particulier lorsqu’il est long. Il repère également les tics de langage, s’assure de la cohérence des dialogues avec l’intrigue et le genre du roman ainsi que du registre de langue, pour préserver et sublimer la voix de l’auteur.
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Corriger sans dénaturer : trouver le juste équilibre
Le rôle essentiel du lecteur-correcteur, c’est également de supprimer les fautes d’orthographe, les erreurs de syntaxe, les problèmes orthotypographiques. Pour ce faire, il veille à ne pas sortir d’un cadre défini, au risque de dénaturer l’écrit qui lui est confié.
Respecter l’univers et l’intention de l’auteur
Il y a mille et une façons d’écrire sur un thème, d’amener une intrigue. Le lecteur-correcteur doit être objectif et ne pas se substituer à l’auteur. Il est là pour améliorer le texte, en respectant la voix de l’auteur – c’est-à-dire ce qui rend son style d’écriture reconnaissable (ton, registre, ponctuation, etc.) – et les choix qu’il a faits, dès lors qu’ils sont corrects.
Formuler des retours constructifs et argumentés
Un lecteur-correcteur porte un regard objectif sur le texte et s’interdit les commentaires du type « c’est bien/ce n’est pas bien », inappropriés et subjectifs. Il établit un constat, en parlant de ce qui pose réellement un problème, expose ce que cela entraîne concrètement sur la lecture et l’histoire, et propose des solutions concrètes pour résoudre ces points délicats.
Aider à réécrire sans imposer
« Proposer », c’est le mot clef qui résume le travail du correcteur pour aider un auteur. Le métier de lecteur-correcteur consiste également à suggérer des reformulations pour pallier un manque de clarté : il ne doit pas prendre la place de l’auteur et réécrire des passages entiers. Au bout du compte, c’est l’auteur qui est le décisionnaire, puisqu’il s’agit de son texte : c’est lui qui va faire le choix d’accepter ou refuser les préconisations du correcteur, selon qu’il les trouve indispensables ou non.
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Quelles compétences sont nécessaires pour aider efficacement un auteur de roman ?
Être bon en français est un début, mais ce n’est pas suffisant. Voici les qualités essentielles à avoir pour travailler en étroite collaboration avec un auteur :
- Une excellente maîtrise du français : connaissance de l’orthographe, de la syntaxe, des règles d’usage des espaces, des majuscules ou de la ponctuation.
- Un sens de l’analyse littéraire : connaître et comprendre les techniques employées par l’auteur afin de faire vivre son récit (les objectifs, le rythme, le point de vue exploité, etc.).
- Une capacité à structurer un retour : différencier les éléments importants des corrections mineures et être en mesure d’expliquer ce qu’il est possible de faire concrètement pour améliorer le manuscrit.
- La bienveillance et la diplomatie : savoir commenter de façon objective, avec douceur et tact.
En résumé, le lecteur-correcteur est un professionnel de la correction au service de l’auteur. Il œuvre à préserver son intention, tout en rendant le texte agréable à lire.
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