Les différents types de relecture

Pourquoi existe-t-il plusieurs types de relecture ?

Que l’auteur écrive un roman en huit tomes ou un article scientifique, il a toujours besoin d’un relecteur plus objectif que lui. Selon le type de document, la relecture la plus précieuse varie. Certains relecteurs scrutent l’intrigue, d’autres la langue, d’autres la validité des infos, d’autres le potentiel commercial, etc.

Dans le cas d’un récit, quel que soit le genre, du roman au manga, faire appel à un alpha-lecteur permet de savoir, au fur et à mesure de l’avancement de l’écriture, ce qui fonctionne et ce qui pêche, pour ajuster la suite.

Une fois le récit terminé, faire appel à un bêta-lecteur permet de recevoir un avis critique plus global, sur le rythme du texte, ses forces et ses faiblesses, ses incohérences.

Pour un article ou un essai, l’auteur peut plutôt chercher à valider la lisibilité, la compréhension, la suite logique de ses idées, ou la fiabilité scientifique : il fait alors appel à des spécialistes du domaine concerné, ou à de bons pédagogues.

Et comme chaque relecture apporte un point de vue différent, il est possible de les cumuler !

 

La relecture linguistique : orthographe, grammaire et syntaxe

Une fois l’écriture terminée, le lecteur-correcteur entre en piste. Il est le garant de la langue française et rend le texte agréable à lire, et sans faute !

Corriger les fautes de langue

En premier lieu, le lecteur-correcteur formé repère les fautes de langue : orthographe, accords, conjugaison, concordance des temps, syntaxe, justesse des prépositions et des termes.

Améliorer la lisibilité et la fluidité

Le lecteur-correcteur scrute également les coquilles, ou fautes de frappe, les répétitions de mots, de tournures ou de ponctuation : si toutes les phrases commencent par un complément, si beaucoup de paragraphes se terminent par un point d’exclamation. Il supprime les pléonasmes et signale les expressions toutes faites.

Il alerte également l’auteur sur les tournures correctes, mais difficiles à saisir à la première lecture, ou ambivalentes. Il propose des réécritures dans le style de l’auteur, pour rendre la lecture plus fluide.

Enfin, il veille à l’harmonisation des noms propres, il contrôle la pertinence du registre de langue pour chaque personnage, il vérifie les anachronismes, les citations et les références, la chronologie des événements.

Le rôle du lecteur-correcteur

Faire passer son texte au crible d’un lecteur-correcteur formé permet d’en chasser les fautes, rédhibitoires pour nombre d’éditeurs et de lecteurs. C’est une relecture indispensable en auto-édition, et appréciable si les fautes sont nombreuses avant l’envoi du manuscrit aux maisons d’édition.

 

La relecture typographique : norme et cohérence visuelle

Ponctuation, espaces et signes typographiques

Ce qui distingue un lecteur bon en orthographe d’un lecteur-correcteur professionnel, outre la qualité de son filet à fautes, c’est le respect des règles orthotypographiques. Quésaco ? Les majuscules, espaces et signes de ponctuation !

L’usage des virgules ou des guillemets répond à des règles, et doit être harmonisé tout au long du texte. Le lecteur-correcteur veille à utiliser les mêmes guillemets (anglais ou français), les mêmes tirets de dialogue (courts, demi-cadratin, cadratin), etc.

Les capitales en début de mot suivent des règles précises. En mettre inutilement gêne la lecture.

La gestion des espaces, ces simples blancs, sont cruciaux pour éviter qu’un point d’interrogation ne se retrouve au début de la ligne suivante. Le correcteur, discrètement, veille à ces petits signes qui changent le confort de lecture… ou le sens d’une phrase !

Cohérence des titres, listes et références

Un autre atout précieux du lecteur-correcteur est sa capacité à harmoniser un texte (une saga comme un recueil) en écrivant de la même manière les éléments : les titres des chapitres, les mots étrangers quand plusieurs graphies sont possibles, les listes, les dialogues, les bibliographies, les citations, etc. Il veille aussi à ce que les renvois vers d’autres pages ou d’autres chapitres soient exacts.

Relecture finale avant publication

Quand le texte est prêt à être imprimé, le lecteur-correcteur repasse une deuxième ou une troisième fois sur le texte pour vérifier que les corrections demandées ont été effectuées. Il en profite pour vérifier l’adéquation du sommaire avec la dernière mise en page. Il peut encore proposer des coupes (ne pas isoler la fin d’une phrase en début de ligne, ne pas scinder un mot court). Il scrute les fautes qui pourraient s’être ajoutées.

 

La relecture éditoriale : accompagner la réécriture

Loin de la relecture linguistique, minutieuse sur la langue, la relecture éditoriale, elle, porte un regard global sur le texte complet. L’éditeur a assez de recul pour cerner les points faibles et les points forts d’un texte : le déroulé, le style, le rythme, les personnages, les dialogues. Il sait distinguer un bon sujet (le fond) et un bon livre (la forme) : une idée brillante peut être traitée de manière maladroite, un bon thème peut être incompréhensible. L’éditeur peut donner des pistes d’améliorations que l’auteur est libre de saisir ou non (ajouter une transition, supprimer un chapitre inutile, expliciter les termes techniques, donner de l’ampleur à un personnage). L’éditeur apporte également sa connaissance du marché, des tendances. Il sait enfin si un ouvrage correspond à sa ligne éditoriale ou s’il conviendrait plutôt à une autre maison d’édition.

 

La relecture finale ou de validation

Avant l’envoi à l’imprimeur ou la diffusion par Internet, tout texte mérite une dernière lecture. Celle-ci permet de vérifier que les modifications demandées ont bien été apportées, mais aussi de procéder aux dernières vérifications : en modifiant le texte ou sa mise en page, il est fréquent que de nouvelles erreurs se glissent, comme une double espace, la fin d’un texte qui disparaît, un accord désormais fautif, une répétition avec la phrase précédente. Cette relecture finale surveille aussi les incohérences : quand un personnage a été renommé pendant l’écriture, l’ancien prénom subsiste parfois à un endroit. Les titres de chapitre ont pu évoluer et doivent être mis à jour dans le sommaire. Une des personnes interrogées dans un article a pu avoir une actualité depuis (victoire, faillite, décès, etc.).

La maquette est également scrutée : la bonne image doit avoir le bon format et être au bon endroit. De même, le graphiste ou l’éditeur contrôle l’exactitude des marges, des éléments de maquette (dessins, logos, marques de fin de paragraphe ou de chapitre), des polices de caractère, des couleurs. Ensuite, le texte est diffusé !

 

Quel type de relecture choisir selon son document ?

Si vous êtes auteur, vous ferez appel à des relecteurs différents selon vos besoins.

Vous vous sentez noyé dans votre intrigue, vous doutez de la vraisemblance de vos personnages, vous vous demandez si votre réflexion est claire ? Faites appel à un alpha-lecteur ! Il partagera son ressenti à la lecture avant que vous alliez plus loin.

Vous avez fini votre bande dessinée, votre mémoire, et vous aimeriez savoir s’il fonctionne, s’il donne envie de tourner la page ? Faites appel à un bêta-lecteur, qui dira honnêtement si votre écrit tient la route.

Vous êtes satisfait de votre texte, il a été lu et relu par vous et par des proches, vous vous sentez prêt à l’envoyer ? Si ce texte sera auto-édité, pour la famille comme pour un public plus large, il est nécessaire de le confier à un lecteur-correcteur pour en chasser les fautes et les maladresses. Si le texte sera envoyé à des éditeurs, et que vous êtes certain de ne pas faire de fautes de français qui pourraient en bloquer la lecture, alors, foncez !

Malgré l’intimité de l’écriture, il est bon d’oser partager son texte pour le rendre meilleur. C’est l’objectif des diverses relectures : garantir un texte sans faute, compréhensible et agréable à lire.

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